Extase. Un dimanche le jour où le monde est dans son cocon de liberté. Dimanche comme d'autres, je suis passée près des coquilles de la fac de lettres pour attendre le bus. Des gens autour, un contact avec les gens. J'étais fringuée à l'arrache, fringuée comme le dimanche, mais comme une petite corolle. Jmen fous. Arrivée dans le silence de l'esplanade éblouie par le pâle soleil matinal. Puis la marche de Marie, sourires et chaleur blanche de nos paroles. Venue de Pavlina. Entrée dans le centre, différence dans le temps. Comme d'autres, j'étais venue pour me retrouver devant cette glace aujourd'hui. Et on s'est toutes retrouvées devant. Et on a découvert l'étrange atmosphère du matin, le soleil blanc éblouissant comme le sable. Magnifique. Les mises en matière qu'on connaissait toutes. Suspension. Je pète un câble. Tension. Regards inconnus, claustrophobie, manque de nicotine ? Impros soulagement. Travail écriture-corps-danse Entre Deux. Pause. Sortie par l'obscure porte de derrière. Et là, extase. Une montée, le soleil, l'histoire de ce film portugais aux beaux paysages, le vent sur ma gorge, ma robe qui veut s'envoler, volupté, les oiseaux qui ne chantaient pas mais c'était comme si. Dans ma tête la beauté monte et me fait sourire devant les autres. Impros détente. Ce duo contact, le dialogue et ce putain de saut , je deviens aérienne. Extase.
07.02.09 : Théâtre.
La Douleur, texte de M. Duras mis en scène par Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang.
Et son visage s'est illuminé. Elle n'est plus la même, elle ne sera plus la même. Jamais. C'était le dernier soir de la terne attente fictive, à qui pourtant elle a si bien donné vie. Au moment de l'illumination sa voix du récital était morte. Ses gestes étaient publics, non plus imprégnés d'histoire.
On ne reconnaissait plus Marguerite Duras, on rencontrait cette actrice au moment de son salut final.